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Finances publiques : Le compte unique du Trésor à rude épreuve

Dernière mise à jours il y'a 1 mois

Le principe d’unicité de caisse, pilier fondamental de la gestion moderne des deniers publics, se heurte encore à d'importantes zones de résistance au Cameroun. Alors que les autorités multiplient les interventions sur le marché monétaire pour financer les priorités nationales, une manne dormante de 700 milliards de FCFA appartenant à diverses entités publiques reste localisée dans les banques commerciales. Ce constat, mis en lumière par les travaux du Comité national économique et financier (CNEF), souligne le retard persistant dans le déploiement intégral du Compte Unique du Trésor (CUT).

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Cette situation constitue une entorse manifeste au cadre législatif en vigueur, notamment la loi de juillet 2018 relative au régime financier de l’État. Ce texte impose pourtant que la totalité des ressources publiques soit centralisée dans un compte pivot domicilié à la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC). L’objectif est de permettre au Trésor public de disposer d'une vision consolidée et d'une capacité de réaction immédiate sur ses liquidités. Malgré les directives fermes du ministère des Finances exigeant la fermeture des comptes privés, de nombreuses administrations et établissements publics conservent des circuits financiers autonomes, privant le circuit officiel d'une masse monétaire stratégique.

La persistance de ces avoirs dans le secteur bancaire privé affaiblit la marge de manœuvre de l’État, particulièrement dans un contexte marqué par des pressions budgétaires récurrentes. Au-delà d'une simple mise en conformité réglementaire, le Compte Unique du Trésor agit comme un véritable instrument de souveraineté économique. Son application rigoureuse garantirait d'abord une optimisation de la trésorerie nationale : en mobilisant ses propres ressources dormantes, le gouvernement pourrait limiter ses recours aux emprunts coûteux et réduire ainsi le poids des intérêts sur la dette.

Par ailleurs, cette centralisation est la clé d'une transparence financière accrue, assurant une traçabilité sans faille des flux de recettes et une meilleure maîtrise de la dépense. Enfin, le parachèvement de cette réforme permettrait au Cameroun d'honorer ses engagements communautaires pris dans le cadre du Programme des réformes de la CEMAC, dont l'échéance initiale était fixée à mai 2025. Pour les gestionnaires publics, l'heure n'est plus à l'autonomie financière isolée, mais à l'alignement sur des standards de gouvernance qui protègent l'équilibre budgétaire de la nation.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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