Filière Coton : Un manque à gagner de plus de 10 milliards de FCFA par an
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresL'équilibre financier du bassin cotonnier camerounais vacille sous le poids d'une double crise, climatique et biologique. Lors d’un point présentant la situation le 31 mars 2026, la direction de la production de la Sodecoton a tiré la sonnette d'alarme sur la dégradation brutale des conditions d'exploitation dans les régions septentrionales. Entre l’instabilité des cycles pluvieux, responsables d'inondations dévastatrices, et l’invasion des jassides (des parasites ayant déjà mis à genoux l'agriculture ouest-africaine), le secteur est en mal de performance.
Lire aussi : Marché des titres : Le Cameroun capte 144 milliards de FCFA via sa première syndication de l'année
Les indicateurs opérationnels traduisent un repli inquiétant de la culture de l’« or blanc ». En l'espace de deux campagnes, les surfaces emblavées ont fondu, reculant de 234 000 à 197 000 hectares. Cette contraction s’accompagne d’un effondrement de la productivité moyenne, passée de 1 600 kg/ha à seulement 1 300 kg/ha. Pour les producteurs, dont le capital est souvent limité, le coût exorbitant des traitements contre les jassides neutralise toute perspective de rentabilité. Cette spirale négative se répercute directement sur le système de financement de proximité : les arriérés de recouvrement des crédits de campagne culminent aujourd'hui à 2 milliards de FCFA, de nombreux planteurs se trouvant dans l'incapacité d'honorer leurs engagements financiers.
En dépit de ce tableau sombre, le top management de la Sodecoton, détenue à 89 % par l’État, maintient une posture offensive conforme aux ambitions de la Stratégie Nationale de Développement (SND30). L'objectif demeure d'atteindre un pic de production de 440 000 tonnes pour l'exercice 2026, avec une cible structurelle fixée à 600 000 tonnes à l'horizon 2030. Cette montée en puissance repose toutefois sur une hypothèse de maîtrise technologique des risques phytosanitaires et une meilleure résilience des infrastructures rurales face aux crues récurrentes de la période d'août à septembre.
La viabilité à long terme de la filière dépendra de la capacité de l'agro-industrie à stabiliser les revenus des cotonculteurs. Face à la menace de découragement qui pousse certains exploitants à abandonner la culture au profit de spéculations moins risquées, la Sodecoton doit impérativement affiner sa riposte. La survie de ce pilier économique du Grand-Nord ne se jouera plus seulement sur l'extension des surfaces, mais sur l'agilité du modèle d'encadrement face à des menaces environnementales et biologiques dont la fréquence et l'intensité redéfinissent les standards de la production agricole.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.