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Filièe coton : L’Afrique veut briser le cycle des exportations brutes

Dernière mise à jours il y'a 4 jours

En marge de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC, les pays du continent ont mis en place une stratégie majeure. En effet, les pays du groupe C-4+ ont dévoilé une plateforme d’investissement inédite. L’objectif est de rompre avec deux décennies de contestation des subventions étrangères pour se concentrer sur l’édification d’une chaîne de valeur textile intégrée, de la fibre à l’habillement.

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Le constat dressé par la direction de l'OMC souligne l’ampleur du manque à gagner : la quasi-totalité de la récolte régionale quitte encore le sol africain sans aucune plus-value manufacturière. Pourtant, le bloc C-4+ pèse pour environ la moitié de la production du continent. Pour inverser cette tendance, le « Partenariat pour le Coton » ambitionne de mobiliser 12 milliards de dollars sur la prochaine décennie. Ce capital est jugé indispensable pour financer les unités de filature et de confection capables de générer des centaines de milliers d’emplois locaux.

Dans cette dynamique, le Cameroun déploie ses propres leviers de croissance. Avec un chiffre d’affaires de 223,35 milliards de FCFA en 2024, la Sodecoton demeure un pilier de l’économie nationale. Toutefois, le gouvernement entend franchir un palier supérieur. La Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fixe des objectifs clairs : porter la production à 600 000 tonnes annuelles et assurer la transformation industrielle de la moitié de la fibre sur le territoire national. Un projet d'usine de 180 milliards de FCFA est déjà programmé pour absorber 12 000 tonnes de coton par an.

Ce changement de paradigme marque la fin d'une époque où le coton africain était essentiellement perçu comme un dossier de contentieux à Genève. Il est désormais présenté comme un actif industriel attractif. Pour réussir ce pari, les pays producteurs devront néanmoins surmonter des barrières structurelles persistantes, notamment le coût de l’énergie et les insuffisances logistiques. La crédibilité de cette nouvelle ambition africaine dépendra de la capacité des États à rassurer les investisseurs sur la compétitivité d’une industrie textile locale face à la concurrence internationale.


Bernardo

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