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Exportations de bois : 6 essences portent 70% de la production nationale

Dernière mise à jours il y'a 17 heures

Le patrimoine forestier du Cameroun, d’une richesse exceptionnelle, demeure paradoxalement sous-exploité dans sa diversité. Alors que les inventaires botaniques font état de plus de 300 essences différentes sur l'ensemble du territoire, l'activité industrielle se concentre sur une infime fraction de cette ressource.

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 Le récent bilan à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement (SND30), produit par le ministère de l’Économie, souligne une réalité frappante : à peine 60 essences font l'objet d'une exploitation commerciale, et un noyau dur de seulement six variétés monopolise 70 % de la production nationale.

Ce "club des six" est constitué de l’Ayous, du Sapelli, du Tali, de l’Azobé, de l’Okan et du Fraké. Ces noms dominent les carnets de commandes et dictent le rythme des chantiers forestiers. Le Sapelli, en particulier, bénéficie d'une aura internationale telle que le Cameroun s'est imposé comme son premier fournisseur sur le marché mondial. Cette spécialisation, bien que synonyme de maîtrise technique et de reconnaissance commerciale, pose toutefois la question de la diversification d'un secteur qui compte pourtant parmi les dix piliers des recettes d'exportation du pays.

Les données financières confirment le poids stratégique de cette filière pour l'économie nationale. En 2024, les activités liées à la sylviculture et à l'exploitation forestière ont injecté 140,4 milliards de FCFA dans les caisses de l'État, marquant une progression de 4 milliards par rapport à l'exercice précédent. Il s'agit d'une performance remarquable, se rapprochant des sommets atteints en 2021, où les revenus avaient franchi la barre des 147 milliards de FCFA. Ces chiffres témoignent de la résilience du secteur bois, capable de générer des flux financiers massifs malgré une base de produits relativement étroite.

L'enjeu majeur pour les années à venir réside désormais dans l'exploration du potentiel "dormant" des 240 autres essences encore boudées par les transformateurs et les exportateurs. Une exploitation plus variée permettrait non seulement de réduire la pression sur les espèces les plus sollicitées, mais aussi d'ouvrir de nouveaux créneaux sur le marché international. Pour le Cameroun, l'objectif est clair : transformer ce succès comptable, aujourd'hui porté par une poignée de variétés, en une industrie forestière multisectorielle, capable de valoriser l'intégralité de sa biodiversité ligneuse.


BCN

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