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Énergie solaire : L'Afrique franchit le cap de 4,5 GW de nouvelles capacités installées en 2025

Dernière mise à jours il y'a 10 heures

Cette accélération de 54 % en seulement douze mois est le corollaire d'une santé économique retrouvée, avec une croissance continentale de 3,9 % et des champions nationaux qui galopent au-delà des 5 %. Du Cap au Caire, le soleil n'est plus seulement une ressource climatique, il devient le bras armé d'une souveraineté industrielle qui refuse de voir 600 millions d'africains croupir encore dans l'obscurité.

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Pourtant, cette "marée solaire" n'est pas encore un raz-de-marée homogène. Le rapport Africa Market Outlook for Solar PV 2026–2029 souligne une concentration qui trahit les disparités de maturité réglementaire. Quatre nations captent à elles seules le lion de ces installations : l’Afrique du Sud reste le leader incontesté (1,6 GW), talonnée par un Nigéria qui déploie ses ailes avec 803 MW, suivi de l’Égypte (500 MW) et de l’Algérie (400 MW). Le signal le plus encourageant de cet exercice 2025 réside toutefois dans l'émergence d'une classe moyenne énergétique : huit pays ont désormais franchi le rubicon des 100 MW annuels, contre seulement quatre l'année précédente. Des nations comme la Zambie, le Botswana ou encore le Tchad commencent à peser dans la balance, prouvant que le modèle solaire s'adapte aussi bien aux économies minières qu'aux zones enclavées de l'hinterland.

Malgré ces records, le chemin vers les 31,5 GW cumulés projetés pour 2029 est semé d'embûches financières. En Afrique subsaharienne, le secteur de l'énergie ne mobilise que 8 milliards de dollars par an, un chiffre dérisoire face aux 20 milliards de dollars requis pour atteindre les objectifs de développement durable. Le coût du capital, dopé par la volatilité des devises et la fragilité chronique des compagnies d'électricité publiques, constitue un goulot d'étranglement majeur. À cela s'ajoute une congestion physique : les réseaux de transport et de distribution, souvent obsolètes, peinent à absorber l'intermittence de ces nouveaux flux de photons. Pour les experts, sans une transparence accrue dans la planification des réseaux et des stratégies nationales de stockage par batterie, le potentiel africain restera une promesse de papier.

L'enjeu est donc de transformer ce bond quantitatif en une mutation qualitative. Le Global Solar Council préconise une simplification drastique des procédures d’autorisation et un renforcement des chaînes de valeur locales pour que l'Afrique ne soit pas qu'un simple terrain de déploiement pour les panneaux importés, mais un véritable pôle industriel. Le solaire est l'unique clé capable d'ouvrir la porte de l'accès universel à l'électricité. Si le continent parvient à stabiliser ses cadres réglementaires d'ici 2027, la transition énergétique africaine ne sera plus une aspiration philanthropique, mais la machine de guerre de sa transformation structurelle.


Ndjomo Carlos

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