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Commissariat de la CEEAC : La camerounaise Nelly Banaken Elel choisie pour le portefeuille genre

Dernière mise à jours il y'a 6 jours

Le ballet diplomatique de Malabo a livré son verdict, et il n'est pas celui que les puristes de l'économie attendaient. Alors que les couloirs du palais présidentiel de l'unité bruissaient de débats sur la conquête du portefeuille du Marché commun, Yaoundé a surpris ses pairs en jetant son dévolu sur une approche plus humaniste de l'intégration régionale.

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Au sortir de la réunion ministérielle des 16 et 17 janvier en Guinée Équatoriale, le Cameroun a officiellement scellé son destin communautaire pour les cinq prochaines années en choisissant Nelly Banaken Elel pour diriger le commissariat à la Promotion du genre, du développement humain et social. Ce choix, porté par le ministre Lejeune Mbella Mbella, écarte la candidature technique de Jacob Kotcho Bongkwaha au profit d'une figure de proue de la diplomatie multilatérale, marquant une volonté délibérée de placer le soft power camerounais au cœur des enjeux sociaux d'une Afrique Centrale en pleine mutation.

Le renoncement au portefeuille du Marché commun, pourtant considéré comme le nerf de la guerre communautaire, a suscité une onde de stupeur dans le sérail diplomatique. Premier au classement du cabinet Mazars sur 52 candidats, l'économiste Jacob Kotcho Bongkwaha semblait être l'arme absolue pour piloter la convergence macroéconomique et l'éventuelle union monétaire de la zone. Pourtant, Yaoundé a préféré céder cette direction stratégique à l'Angolaise Oluimo Diai Tavira da Silva, privilégiant une lecture politique du calendrier institutionnel. En investissant le champ du développement humain, le Cameroun ne se retire pas de la course au leadership ; il change de terrain. Nelly Banaken Elel, ministre plénipotentiaire et ancienne vice-présidente d'une commission majeure à l'Assemblée générale des Nations unies, apporte une stature internationale capable de drainer des financements vers les secteurs cruciaux de la santé, de l'éducation et de la parité, des domaines où le Cameroun entend désormais exercer son influence pivot.

Cette manœuvre de Yaoundé s'inscrit dans une vision à long terme, avec l'horizon 2030 en ligne de mire. En installant Nelly Banaken Elel dans ce commissariat, le gouvernement camerounais prépare méticuleusement la succession du Burundais Ezéchiel Nibigira. Selon le principe de rotation géographique, la présidence de la Commission devrait revenir au Cameroun d'ici quatre ans. Le passage de la diplomate par le portefeuille social est ainsi perçu comme un tremplin idéal pour asseoir sa légitimité régionale avant de briguer le sommet de la pyramide institutionnelle de la CEEAC. En attendant la validation finale par le sommet des chefs d'État, ce redéploiement confirme que la puissance d'influence du Cameroun en 2026 ne se mesurera plus seulement à ses indicateurs de croissance, mais à sa capacité à incarner le visage social et humain de l'intégration africaine.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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