Actu Eco » Politiques Publiques

Colonisation : L'Afrique met sur la table de l'ONU le lourd préjudice financier

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

L'offensive diplomatique africaine pour la réparation des préjudices historiques change de paradigme. Le Ghana a annoncé son intention de soumettre à l’Assemblée générale des Nations unies une résolution visant à qualifier la traite transatlantique de « crime le plus grave de l’histoire de l’humanité ». Cette initiative d'Accra, loin d'être un acte isolé, cristallise une stratégie continentale coordonnée par l’Union africaine.

L'objectif est désormais de transformer une exigence morale en un dossier financier et juridique de premier ordre. Malgré les réticences des capitales européennes, ce basculement du débat mémoriel vers l'arène onusienne pose la question de la responsabilité civile des États face aux dommages structurels subis par le continent.

Au cœur de cette mobilisation, la dimension financière prend une importance croissante. Des experts en droit international, à l'instar du Dr al-Tayeb Abdul Jalil, ont élaboré des modèles de calcul intégrant le travail forcé, le pillage des ressources et le retard de développement induit. Les chiffres avancés illustrent l'ampleur du traumatisme économique : le Royaume-Uni ferait face à une réclamation de plus de 3 200 milliards de dollars au profit du Nigeria, tandis que la Belgique est interpellée à hauteur de 1 600 milliards par la République démocratique du Congo. Ces estimations servent de base technique pour exiger la création d'un tribunal international dédié aux réparations, une demande de plus en plus partagée par les blocs Afrique et Caraïbes pour compenser des siècles d'exploitation.

Si les anciennes métropoles privilégient jusqu'ici des gestes symboliques, comme la restitution d'artefacts culturels, la dynamique africaine exige désormais des actes juridiques contraignants. L’Algérie a ouvert la voie en adoptant une législation criminalisant la période coloniale (1830-1962), qualifiant les exactions de crimes d’État. Cette tendance à la judiciarisation se retrouve au Sénégal, au Mali ou au Cameroun, où les traumatismes liés à l'extraction des richesses et aux violences impériales nourrissent une volonté de rupture avec le "statu quo" mémoriel. La résolution ghanéenne à l'ONU sera le test de crédibilité d'un front africain uni face aux puissances du Nord.

La démarche engagée aux Nations unies ne vise pas seulement une compensation pécuniaire, mais une véritable restructuration des rapports de force internationaux. Pour de nombreux analystes, la reconnaissance des responsabilités historiques est le préalable non négociable à une coopération économique assainie et équitable. Le basculement opéré en 2026 suggère que la question des réparations n'est plus une thématique académique, mais le nouveau pivot de la diplomatie Sud-Nord, visant à reconstruire l'avenir des sociétés sur des bases de justice financière réelle.


BCN

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
7 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe