Cameroun - Côte d'ivoire : lorsque la diplomatie fait tomber des barrières
Dernière mise à jours il y'a 7 heuresL’histoire économique de notre continent est jalonnée de déclarations d'intentions et de traités d’intégration qui finissent trop souvent leur course dans les tiroirs de la bureaucratie. L’imminence de la suppression des visas entre le Cameroun et la Côte d'Ivoire rompt enfin avec cette impuissance chronique. En décidant d'abattre les barrières consulaires, Yaoundé et Abidjan ne signent pas un simple accord de courtoisie diplomatique ; ils posent un acte de légitime défense économique. C'est la démonstration concrète que la diplomatie peut cesser d'être une affaire de protocoles pour devenir l'arme d'une souveraineté partagée.
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Pendant des décennies, les entrepreneurs africains ont subi l’absurdité d'un système qui rendait plus facile le commerce avec l’Europe ou l’Asie qu’avec leurs propres voisins. Obtenir un visa pour lier les deux plus puissantes locomotives de l’Afrique Centrale et de l’Afrique de l’Ouest relevait du parcours du combattant, étouffant dans l'œuf les ambitions de nos capitaines d'industrie. Cette ouverture des frontières administratives vient corriger une anomalie historique. Elle crée un appel d'air pour le capital local, libère l’audace de notre patronat et jette les bases de joint-ventures capables de rivaliser avec les multinationales étrangères.
Cette alliance stratégique dessine les contours d'une intégration africaine pragmatique, guidée par le marché et non par les dogmes des institutions financières internationales. Face à la fermeture des marchés occidentaux et à la volatilité de la mondialisation, notre salut réside dans la densification de nos propres circuits d'échanges. Relier la CEMAC et la CEDEAO par des passerelles humaines et économiques fluides est la seule réponse viable pour protéger nos industries des chocs extérieurs. La liberté de mouvement accordée aux bâtisseurs de richesse est le corollaire indispensable à toute ambition de transformation structurelle.
Il convient désormais de maintenir cette discipline politique pour étendre ce modèle à l'ensemble du continent. Le Cameroun et la Côte d'Ivoire tracent la voie d'un panafricanisme économique réel, où la richesse circule librement d'un pôle de croissance à l'autre sans intermédiaire ni tutelle extérieure. En transformant la volonté consulaire en un levier de puissance manufacturière, nos États prouvent qu'ils ont la maturité nécessaire pour s'approprier leur destin. C'est par ce type de rupture courageuse que l'Afrique cessera de subir l'ordre mondial pour imposer sa propre prospérité, autonome, digne et résolument souveraine.
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Bonne lecture!
EWC, DP
Floyd Miles
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