Cacao : La Côte d'Ivoire et le Ghana amorcent l'intégration du Cameroun et du Nigeria à l'ICCIG
Dernière mise à jours il y'a 4 semaineLa reconfiguration des rapports de force sur le marché mondial des matières premières agricoles suscite une nouvelle offensive diplomatique en Afrique de l'Ouest. Les chefs d'État de Côte d'Ivoire et du Ghana, réunis en sommet sectoriel à Abidjan, ont officialisé la relance des négociations visant à intégrer le Cameroun et le Nigeria au sein de l'Initiative Cacao Côte d'Ivoire-Ghana (ICCIG).
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La constitution d'un bloc homogène permettrait aux quatre nations subsahariennes de contrôler 75 % de l'offre mondiale de fèves, instaurant un mécanisme d'influence directe face aux exigences des firmes multinationales de la chocolaterie et du négoce international. L'action concertée intervient dans un contexte de reflux des cours mondiaux après les sommets de 10 000 dollars la tonne enregistrés au cours de la période précédente.
La formalisation d'une alliance élargie se heurte à des divergences structurelles profondes quant aux mécanismes de commercialisation extérieure pratiqués par les différents États. Alors que le binôme Côte d'Ivoire-Ghana sécurise les revenus des planteurs par le biais de ventes à terme anticipées, le Cameroun privilégie un système de ventes au comptant, indexé directement sur les fluctuations quotidiennes des places financières internationales. Les réticences camerounaises s'expliquent par le poids prépondérant de la filière dans la balance commerciale nationale. Les statistiques douanières révelent que le cacao a détrôné le pétrole brut au rang de premier produit d'exportation de la République du Cameroun en 2025, générant des recettes globales de 810 milliards de FCFA, dont 500 milliards de FCFA mobilisés uniquement au premier trimestre, soit 45 % des entrées de devises du pays.
Le rapprochement technique vise à harmoniser l'application du Différentiel de revenu décent (DRD), la prime fixe instituée par Abidjan et Accra pour atténuer l'impact de la volatilité des marchés sur les producteurs locaux. L'ordre du jour des futures commissions interétatiques intègre également la mutualisation des budgets de recherche agronomique pour enrayer le vieillissement des vergers et la prolifération des pathologies végétales exacerbées par les dérèglements climatiques. L'alignement des politiques de régulation douanière entre les quatre géants de la cacaoyère africaine s'impose comme l'unique levier collectif capable de restructurer la chaîne de valeur globale, garantissant ainsi la viabilité financière d'une économie rurale dont dépendent plusieurs dizaines de millions de ménages sur le continent.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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