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Bois : Les exportations laissent progressivement place à la transformation locale

Dernière mise à jours il y'a 1 jours

En seulement quatre ans, la structure des exportations forestières camerounaises a radicalement changé. Sous l'effet d'une fiscalité devenue quasi prohibitive sur le bois brut, la part des grumes dans les exportations totales a été divisée par deux, au profit d'une industrie de transformation de plus en plus compétitive.

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Selon le récent rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement (SND30), la part des grumes (le bois brut) dans les exportations globales du pays a chuté de 8 % en 2019 à seulement 4 % en 2023. Ce recul, loin d'être un signe de déclin, marque une victoire d'étape majeure : le bois scié s'est imposé comme le deuxième produit d'exportation hors hydrocarbures (entre 14 et 16 %), juste derrière le cacao.

Cette mutation est le résultat d'un arsenal législatif offensif. Pour préparer les exploitants à l'interdiction totale d'exportation de bois brut prévue dans la zone CEMAC d'ici 2028, l'État a utilisé l'arme tarifaire avec une vigueur inédite. Entre 2017 et 2024, le droit de sortie des grumes est passé de 17,5 % à 75 % de la valeur FOB, soit une explosion de la taxation d'environ 350 %. Cette pression, bien que modérée sur les sciages de première transformation (+165 % depuis 2016), vise un objectif clair : rendre l'exportation de bois non transformé économiquement insoutenable et contraindre les opérateurs à investir dans des usines locales.

Pour accompagner cette transition, le gouvernement ne se contente pas de taxer. Depuis 2023, la loi de finances prévoit une exonération totale de taxes sur les équipements destinés à la transformation du bois. Sur le terrain, cette ambition se concrétise par la création de deux zones industrielles dédiées dans la région de l'Est, s'étendant sur 224 hectares, afin d'accueillir les unités de deuxième et troisième transformation. Les premiers signes de cette montée en gamme sont déjà visibles. En 2022, l'Institut national de la statistique (INS) notait une hausse de 15 % des exportations de placages, des produits à plus forte valeur ajoutée que le simple sciage, avec un volume atteignant près de 58 000 m³.

La satisfaction des pouvoirs publics repose sur un indicateur simple : la valeur. À volume égal ou moindre, le bois transformé génère plus de devises et plus d'emplois que les grumes. Le rapport du ministère de l’Économie souligne avec satisfaction que cette stratégie permet de capter une part plus importante de la chaîne de valeur mondiale.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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