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Appareils mécaniques ou électriques : La Chine se taille plus de la moitié du marché camerounais

Dernière mise à jours il y'a 7 heures

L’effort de modernisation de l’appareil productif national se maintient à un niveau élevé, bien qu'en légère contraction. D’après les données de l’Institut National de la Statistique (INS) pour l'exercice 2025, les acquisitions de machines et d’appareils mécaniques ou électriques ont totalisé 757,4 milliards FCFA. Ce poste, qui représente 14,5 % des dépenses globales d'importation, connaît un repli de 3,7 % par rapport à l'année précédente, suggérant une phase de consolidation après plusieurs cycles de forte demande liée à l'installation de nouvelles unités industrielles.

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Le segment des équipements révèle une profonde recomposition des partenaires commerciaux du pays. En moins d'une décennie, la Chine a doublé sa part de marché, passant de 23,8 % en 2016 à 52,5 % en 2024. Cette domination asiatique s'exerce au détriment de l’Union européenne, dont l'influence s'est effritée pour s'établir à 32,3 %. Ce recul des fournisseurs européens est d'autant plus notable qu'il intervient malgré les facilités douanières offertes par les Accords de Partenariat Économique (APE), confirmant que la compétitivité-prix et l'offre chinoise l'emportent désormais sur les avantages tarifaires préférentiels.

Cependant, l'injection massive de capitaux dans l'achat de matériel neuf ne résout qu'une partie de l'équation industrielle. Les rapports du statisticien public mettent en lumière une dégradation préoccupante des infrastructures en service : environ 60 % des équipements utilisés au sein des entreprises nationales présentent un état de fonctionnement défectueux. Ce déficit de maintenance grève directement la productivité globale, engendrant des ruptures de stocks sur le marché intérieur et des épisodes de chômage technique qui pénalisent la croissance du secteur manufacturier.

La forte demande en biens d'équipement témoigne d'une réelle volonté de transformation structurelle. Pour que cet investissement de 757,4 milliards FCFA se traduise par une valeur ajoutée durable, l'enjeu réside dans la capacité des entreprises à assurer le suivi technique et le renouvellement de leurs actifs. La performance industrielle du pays dépendra moins du volume brut des importations que de l'instauration d'une véritable rigueur dans la maintenance et de la formation des ressources humaines à l'entretien de ces technologies de plus en plus sophistiquées.


BCN

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