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Agriculture : Les superficies bio connaissent un premier recul en Afrique depuis dix ans

Dernière mise à jours il y'a 8 heures

Pour la première fois depuis 2011, l'agriculture biologique africaine enregistre une baisse de ses surfaces certifiées. Selon le dernier rapport de l'Institut de recherche de l'agriculture biologique (FiBL) publié en février 2026, les superficies sont passées de 3,4 millions à 2,8 millions d'hectares en un an, soit une chute de 17,6 %. Ce repli s'explique principalement par le durcissement de la réglementation de l'Union européenne, qui impose désormais aux producteurs africains des standards identiques à ceux des agriculteurs européens, mettant fin au système d'équivalence.

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Cette révision des chiffres reflète un nettoyage des bases de données : les organismes de certification ne conservent plus que les terres dont la conformité aux nouvelles exigences de l'UE est totale. Malgré ce recul statistique, la production reste concentrée dans quelques pays leaders. L’Ouganda maintient sa position de tête avec plus de 500 000 hectares certifiés, suivi par le Burkina Faso, l’Éthiopie et le Togo, qui confirme son rôle moteur dans la sous-région.


Paradoxalement, la baisse des surfaces n'a pas entraîné une chute des ventes. Bien au contraire, les exportations africaines de produits bio ont progressé de 7,6 % en 2024, atteignant près de 687 400 tonnes. Si l'Union européenne absorbe encore plus de 60 % de ces volumes, le marché américain connaît une croissance fulgurante de 24,4 %. Le soja et ses dérivés dominent largement ces échanges, représentant la moitié des expéditions, portés notamment par le dynamisme du Togo. L'huile d'olive tunisienne et les bananes ghanéennes complètent le podium des produits les plus prisés.


Les perspectives restent encourageantes grâce à une transformation institutionnelle de fond. À la fin de l'année 2025, quatorze pays africains avaient déjà adopté des législations favorables à l'agroécologie, contre seulement cinq en 2022. Parallèlement, le développement de systèmes de certification alternatifs et l'augmentation des programmes universitaires dédiés témoignent d'une structuration durable de la filière. Pour les exportateurs, le défi de la conformité européenne devient ainsi un levier pour accéder à des marchés à forte valeur ajoutée.


Bernardo

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