Actu Eco » Politiques Publiques

Santé publique : L'Afrique a un besoin urgent de 5,8 millions de professionnels d'ici 2030

Dernière mise à jours il y'a 22 heures

Alors que les centres de formation produisent désormais plus de 325 000 diplômés chaque année, la couverture des besoins réels en soins ne plafonne qu'à 46 %. Les projections indiquent qu'à l'horizon 2030, le manque de personnel soignant atteindra 5,85 millions d'individus.

Lire aussi : Agro-alimentaire : Les financements des start-up africaines chiffrés à 2,71 milliards $ entre 2016 et 2025

Cette situation a été mise en exergue lors de la présentation de l'état des effectifs sanitaires en Afrique ce 6 mai à Accra. L'analyse révèle une faille de gestion profonde : en 2024, environ 943 000 professionnels qualifiés se trouvaient sans emploi, alors que les centres de santé demeurent en sous-effectif chronique.

La problématique ne se limite pas à la simple quantité d'agents. La performance du système est également en cause, puisque les praticiens ne parviennent à administrer un protocole adéquat que dans 40 % des cas diagnostiqués. Cette précarité opérationnelle, couplée à des conditions d'exercice difficiles, pousse 46 % des personnels en poste à envisager un départ vers l'étranger. Pourtant, le financement du secteur est un levier de croissance puissant : chaque unité monétaire investie dans les ressources humaines génère un retour financier dix fois supérieur et des bénéfices collectifs multipliés par trente. Les experts préconisent ainsi une revalorisation annuelle de 15 % des budgets consacrés à la main-d'œuvre médicale.

Sur le terrain, des stratégies locales tentent de corriger ces déséquilibres. Au Cameroun, l'implémentation de la méthode PEN-Plus dans les zones de Mfou et Djoum permet de décentraliser le traitement de pathologies lourdes, comme la drépanocytose ou le diabète de type 1, vers les hôpitaux de district. En quelques mois, cette approche a facilité la prise en charge de patients critiques sans nécessiter de transferts vers les métropoles. L'objectif national est d'étendre ce dispositif à 30 % du territoire d'ici 2030 pour faire reculer la mortalité liée aux maladies non transmissibles, responsables de 35 % des décès dans le pays.

En complément de ces efforts techniques, la solidarité régionale se manifeste par des soutiens financiers ciblés. Le Maroc s'est récemment illustré en débloquant 5 millions de dollars pour l'Alliance Gavi, devenant le premier contributeur d'Afrique du Nord à cet organisme vaccinal. Ce geste intervient dans un contexte de vigilance sanitaire accrue, marqué par l'identification de foyers infectieux comme l'Hantavirus ou la résurgence de la diphtérie en Mauritanie. La pérennité de la sécurité sanitaire continentale dépendra donc d'une capacité à planifier et à stabiliser durablement les effectifs soignants.


Ndjomo Carlos

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
8 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe