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Retard de paiement aux entreprises : La France accuse le coup

Dernière mise à jours il y'a 23 heures

La relation économique entre la France et le Cameroun traverse une zone de turbulences comptables. Lors d'une séance de travail avec le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, le ministre délégué français chargé du Commerce extérieur, Nicolas Forissier, a officiellement exprimé les inquiétudes de l'Élysée concernant le traitement des créances dues aux entreprises françaises.

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 Au centre des débats : des retards de paiement chroniques qui, selon Paris, entament la confiance des investisseurs et altèrent la lisibilité du climat des affaires. Pour l'émissaire français, la résolution de ce dossier est un préalable indispensable à l'intensification des partenariats industriels.

Le constat, partagé en coulisses par les autorités locales, est particulièrement prégnant dans le secteur des travaux publics. Des sources internes font état d'arriérés se chiffrant en dizaines de milliards de FCFA au profit de grands groupes français engagés dans la modernisation des infrastructures routières. Au-delà de la simple gestion de trésorerie, ces impayés sont perçus comme un frein structurel à l'attractivité de l'économie camerounaise. Paris appelle désormais à une performance comptable accrue et propose une coopération technique pour fluidifier les circuits de règlement administratif.

L'offensive diplomatique française ne se limite pas au recouvrement des dettes commerciales. Nicolas Forissier a insisté sur la nécessité de renforcer la sécurité réglementaire et la prévisibilité fiscale pour les 200 entreprises françaises opérant sur le territoire. L'incertitude administrative est désignée comme un obstacle majeur à l'engagement de long terme. La France, qui demeure le sixième partenaire commercial du pays avec des échanges avoisinant les 1 000 milliards de FCFA en 2023, souhaite un cadre plus transparent pour stabiliser une relation dont la balance commerciale est actuellement favorable au Cameroun.

Malgré une hausse des échanges de 57 % depuis 2015, l'année 2023 a enregistré un repli de 9 % du volume global des transactions bilatérales. Dans ce contexte de ralentissement, le maintien d'un dialogue franc sur les irritants du climat des affaires devient crucial. Avec plus de 20 000 emplois directs générés par les filiales françaises, l'enjeu pour Yaoundé est de rassurer les partenaires historiques tout en modernisant la gestion des finances publiques. La relance de l'appétit des investisseurs hexagonaux dépendra de la célérité avec laquelle l'État camerounais apurera les engagements financiers en suspens.


BCN

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