Programmes économiques et financiers du FMI : quelles pistes de sortie pour la Cemac ?
Dernière mise à jours il y'a 14 heuresSoumettre la survie financière de toute une communauté monétaire à la discipline de comptables intransigeants ne relève plus de la simple négociation, mais d'une mise en demeure institutionnelle. En conditionnant l'octroi de futurs programmes économiques à une réduction drastique du déficit budgétaire à 1,5 % du PIB dès 2027 pour l'ensemble des six États de la CEMAC, tout en brandissant la menace d'un veto collectif si un seul pays fléchit, le Fonds monétaire international vient de tracer une ligne de crête périlleuse.
Alors que le déficit régional s'est creusé pour atteindre des sommets alarmants sous l'effet de la contraction pétrolière et de la boulimie des dépenses publiques, le diagnostic des bailleurs de fonds sonne comme un couperet pour des économies en quête de respiration.
S'imaginer que nos gouvernements pourront éternellement composer avec des budgets artificiels et des déficits abyssaux en s'affranchissant des équilibres macroéconomiques fondamentaux, est illusoire. Entre un Gabon englué dans des déséquilibres abyssaux et des nations comme le Cameroun ou le Congo, contraintes de batailler pour s'aligner sur les critères de convergence, la solidarité sous-régionale devient soudainement une chaîne de responsabilité implacable. La suspension des revues des assurances régionales rappelle que la moindre faille nationale hypothèque l'accès de tous aux guichets de l'aide internationale, transformant la discipline budgétaire en un impératif de survie collective.
L'injonction de recadrer les dépenses sur des recettes réelles et mobilisables, exige de la puissance publique un réalisme sans faille et un courage réformateur total. Chaque État doit cesser de bâtir des lois de finances chimériques adossées à des financements extérieurs hypothétiques, sous peine de voir s'effondrer la crédibilité de toute l'architecture monétaire de la zone.
Garantir la stabilité de la trajectoire économique de la sous-région, exige des gouvernants une discipline de fer et une orthodoxie budgétaire irréprochable. Il convient désormais d'aligner la dépense publique sur les strictes capacités de production de nos économies. Pour s'affranchir de la tutelle des créanciers et conjurer le risque de l'asphyxie, la CEMAC doit transformer cette contrainte extérieure en un puissant levier d'assainissement, digne, souverain et durable.
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Bonne lecture !
EWC, DP
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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