Actu Eco » Politiques Publiques

Mines : Le Cameroun vise un accroissement des recettes d'or en 2027

Dernière mise à jours il y'a 1 heures

Dans sa circulaire du 12 octobre 2026, relative à la préparation du budget de l'État pour l'exercice 2027, le président Paul Biya prescrit un encadrement renforcé et un contrôle accru de l'exploitation aurifère afin de maximiser les recettes publiques.

Lire aussi : Inflation en zone CEMAC : Un risque de dépassement du seuil de 3 % plane...

Cette orientation politique se heurte toutefois aux défaillances structurelles de la chaîne de traçabilité, caractérisées par des incohérences dans les rétrocessions aux collectivités locales, une opacité dans la comptabilisation des prélèvements de la Sonamines et d'importantes divergences sur les volumes d'exportation.


Les travaux de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) mettent en lumière des ruptures de traçabilité entre la collecte à la source et le reversement effectif aux communes riveraines. En 2023, la Société nationale des mines (Sonamines) a prélevé 269,12 kg d'or au titre de l'impôt synthétique minier libératoire et du droit de sortie, évalués à 10,29 milliards de FCFA. Cependant, l'instance de contrôle note l'absence de pièces justificatives attestant du transfert réel des quotes-parts locales. Ce flou institutionnel s'aggrave d'incertitudes juridiques, nées de la coexistence entre l'arrêté ministériel de juillet 2025 attribuant 5 % des redevances à la commune du site minier et le Code général des impôts 2026 qui mentionne une affectation de 25 %.

Le cadre légal fixe pourtant un prélèvement de 25 % sur la production brute de l'artisanat semi-mécanisé  intégrant la redevance domaniale ad valorem de 5 %, la participation de l'État de 17,8 % et l'acompte d'impôt sur les sociétés. La clarification des critères de calcul et le rapprochement des textes réglementaires s'imposent ainsi comme un préalable indispensable pour garantir la juste redistribution des redevances aux populations affectées.


Au-delà des arbitrages fiscaux internes, la filière aurifère fait face à une évasion massive des flux hors des circuits officiels. Les données analytiques publiées par le Secrétariat international de l'ITIE révèlent un écart vertigineux entre les 22,3 kg d'or déclarés à l'exportation par le Cameroun en 2023 et les 15 tonnes d'importations enregistrées la même année par les Émirats arabes unis en provenance du territoire camerounais. Cette rupture de traçabilité se confirme dans les bilans opérationnels récents. La Sonamines indiquait lors de ses échanges avec les comptoirs d'achat en mars 2026 qu'aucun volume d'or n'avait emprunté les canaux d'exportation réglementés au cours de l'exercice 2025. 


La résorption de ces fuites de capitaux et la sécurisation des frontières douanières conditionnent désormais la capacité de Yaoundé à transformer le potentiel minier national en recettes budgétaires effectives pour 2027.


Nlend Flore

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
10 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe