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Lutte contre les flux illicites : La Cemac met en place une surveillance renforcée pour assainir les circuits financiers d’ici 2029

Dernière mise à jours il y'a 1 semaine

Le 23 mars 2026, les piliers de la régulation régionale à savoir la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (Cobac), la Commission de Surveillance du Marché Financier de l'Afrique Centrale (Cosumaf) et les six Agences nationales d’investigation financière (ANIF) ont scellé à Libreville un accord de coopération sans précédent. Cette alliance vise à mutualiser les mécanismes de contrôle pour éradiquer les flux financiers illicites (FFI), un fléau qui ampute lourdement les capacités de développement des États membres.

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Pour les chefs de file de cette initiative, l’heure est à la convergence opérationnelle. Salvador Mangue Ayingono, Secrétaire général de la Cosumaf, souligne que cette synergie est le gage d’un environnement financier plus crédible. Cet élan s'insère directement dans le plan stratégique 2025-2029 de la Cobac, baptisé « OWALI ». Selon Marcel Ondélé, Secrétaire général de l'institution, l’objectif est d'aligner la zone CEMAC sur les standards internationaux pour renforcer la résilience du secteur bancaire et assainir les relations avec les partenaires au développement.


Cet accord intervient alors que les indicateurs de vulnérabilité virent à l'orange. Le Cameroun, maintenu sur la « liste grise » du GAFI depuis 2023, illustre la complexité du défi : seules 11 des 24 recommandations correctives ont été implémentées en trois ans. L’enjeu est également budgétaire. Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), le manque à gagner annuel pour le seul Cameroun s’élèverait à plus de 1 000 milliards de FCFA. Au Congo, les flux illicites représenteraient plus de 5 % du PIB, tandis qu'au Tchad et en Guinée Équatoriale, l'évasion fiscale et les montages « offshore » sophistiqués continuent de détourner des ressources critiques vers des juridictions opaques.


Au-delà de la surveillance bancaire, la réforme cible les mécanismes d'optimisation fiscale et les erreurs de facturation commerciale, particulièrement préjudiciables en République centrafricaine. En signant ce pacte, les régulateurs envoient un signal fort aux marchés mondiaux : la CEMAC refuse désormais d'être le maillon faible de la finance internationale. La réussite de ce front commun dépendra de la capacité des ANIF à transformer ces accords de principe en investigations concrètes, afin de restaurer la souveraineté fiscale des États de la sous-région à l'horizon 2027-2029.


Bernardo

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