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Filière poisson : Le Cameroun veut réduire de 10% par an la dépendance extérieure

Dernière mise à jours il y'a 3 heures

Le défi de l'indépendance halieutique mobilise de nouveaux leviers. Présenté officiellement le 1er avril 2026 au ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), le Projet de promotion de la filière pisciculture continentale au Cameroun (Profip) définit une trajectoire ambitieuse. Soutenu par une enveloppe de 1,2 milliard de FCFA issue de la coopération japonaise, ce programme a pour mission de porter l'offre nationale à 25 000 tonnes à l'horizon 2029, injectant ainsi une dynamique nouvelle dans un secteur encore dominé par les achats extérieurs.

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L'urgence de cette intervention se justifie par des chiffres éloquents. En 2024, la consommation domestique a dépassé le seuil des 476 000 tonnes, dont près de la moitié provenait encore des marchés internationaux. Cette dépendance, qui a coûté environ 95 milliards de FCFA aux réserves de change en une seule année, laisse apparaître un vide productif de 225 000 tonnes. Le Profip se positionne comme un outil de réduction de ce déficit, en ciblant une croissance annuelle de 10 % de la production de poisson d'eau douce.

La stratégie repose sur une professionnalisation accrue des acteurs de terrain. D'ici la clôture du projet, environ 700 unités piscicoles bénéficieront d'un accompagnement technique pour améliorer l'accès aux alevins et aux aliments de qualité. Le dispositif met l'accent sur le transfert de compétences, avec l'ambition que 70 % des pisciculteurs engagés maîtrisent les méthodes d'élevage intensif. Ce renforcement de capacités passera par 16 ateliers de formation répartis dans les quatre zones pivots du projet : le Centre, le Littoral, l'Ouest et le Sud.

Bien que l'objectif de 25 000 tonnes ne suffise pas à combler l'intégralité des besoins nationaux, le Profip marque une volonté de consolider les relais de croissance locale. En s'appuyant sur des formateurs privés et des techniques adaptées, le gouvernement espère créer un effet d'entraînement durable dans la filière continentale. Cette initiative constitue un jalon supplémentaire dans la politique de substitution aux importations, visant à sécuriser l'approvisionnement des populations tout en limitant l'érosion des devises nécessaires au développement de l'économie nationale.


Asaba

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