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Exploitation forestière : 15 nouvelles essences interdites d'exportation

Dernière mise à jours il y'a 18 minutes

Le gouvernement camerounais intensifie sa politique de restriction sur les matières premières forestières afin de contraindre les opérateurs à s'industrialiser localement. Une décision du Ministre des forêts et de la faune, exclut 15 nouvelles variétés sylvicoles du circuit de l'exportation directe, propulsant le volume global des essences prohibées de 76 à 91.

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En effet, par un acte réglementaire signé le 28 avril 2026, le Ministre Jules Doret Ndongo, a révisé la nomenclature des essences autorisées à quitter le territoire sous forme brute. Désormais, seules 23 catégories de bois bénéficient encore d’une dérogation temporaire au titre de produits de promotion, soumise à une fiscalité punitive, tandis que le commerce de l'Azobé se voit enserré dans un dispositif de quotas stricts gérés par l’administration centrale.

Cette orientation s'aligne sur le calendrier d'intégration économique de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) et de la République démocratique du Congo, dont les résolutions ministérielles de février 2024 planifient un arrêt total du commerce des grumes à l’horizon du 1er janvier 2028. Pour réorienter l'appareil productif vers la création de valeur ajoutée, les autorités publiques ont orchestré une hausse drastique des barrières tarifaires à la sortie. Le prélèvement fiscal applicable aux grumes a subi une trajectoire ascendante continue, bondissant de 17,5 % à 75 % de la valeur de douane (FOB) entre 2017 et 2024. Parallèlement, l'État déploie des incitations structurelles, notamment des franchises douanières sur les outillages de scierie et l’aménagement d'un pôle industriel de 224 hectares dans la région de l’Est pour accueillir les unités de deuxième et troisième transformation.

Les premiers bilans issus des synthèses du commerce extérieur mettent en relief l'efficacité de ce dispositif dissuasif. Les expéditions de bois non équarri se sont repliées à 349 611 tonnes au cours de l'exercice 2025, matérialisant une contraction supérieure à 100 000 tonnes en un an. Cette performance représente le seuil d'exportation le plus bas de la décennie, contrastant fortement avec les volumes oscillant entre 475 401 tonnes et 958 300 tonnes relevés durant la période triennale s'étendant de 2021 à 2024. Si la prédominance des produits de sciage dans les cargaisons internationales confirme l'ancrage de la transformation primaire, le succès du modèle industriel reste conditionné par le renforcement de la capacité d'absorption énergétique locale et une surveillance rigoureuse des frontières pour neutraliser le développement de filières d'exportation clandestines.


BCN

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