Dette mondiale : La RCA appelle à un changement de paradigme
Dernière mise à jours il y'a 21 heuresLa voix de la République centrafricaine a résonné avec force lors du lancement de la plateforme internationale des emprunteurs. Sous l'égide des Nations Unies, Hervé Ndoba, ministre des Finances et du Budget, a porté un message de rupture à l'attention du FMI et de la Banque mondiale. L'émissaire de Bangui appelle à un changement de paradigme, où l'analyse de la dette ne se limiterait plus à une simple lecture comptable du passif, mais évaluerait sa capacité à transformer l'économie réelle.
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Pour le membre du gouvernement centrafricain, le cadre actuel de viabilité de la dette, instauré en 2005, doit impérativement être révisé. Plutôt que de s'inquiéter uniquement du poids immédiat des engagements financiers, les institutions multilatérales gagneraient à examiner l'usage des fonds. Un endettement orienté vers la construction de barrages, de réseaux routiers ou d'unités industrielles constitue un levier de croissance capable de générer les ressources nécessaires à son propre apurement. C'est cette vision de la solvabilité à long terme qui permettrait de transformer une contrainte financière en un moteur de stabilité.
Face à la multiplication des crises économiques, Bangui propose des mesures d'urgence pour les nations en difficulté. Hervé Ndoba préconise notamment la suspension du service de la dette pour les pays engagés dans des processus de restructuration, tout en exigeant une meilleure coordination entre créanciers publics et privés. Cette solidarité internationale doit s’aligner sur les Objectifs de développement durable (ODD) et la transition écologique, afin que chaque emprunt serve la consolidation de la paix et l'épanouissement humain.
L'impact de la gestion de la dette sur le progrès de l'Afrique est fondamental. Alors que certains voisins de la sous-région affichent des taux d'endettement dépassant les 90 % du PIB, la Centrafrique, bien qu'en respectant les critères communautaires, reste exposée à une fragilité persistante face aux chocs extérieurs. Cette situation impose une gouvernance mondiale plus souple et mieux adaptée aux réalités des pays à faible revenu.
La réussite de ce plaidoyer dépendra de la volonté des bailleurs de fonds de desserrer l'étau financier sur les États fragiles. Pour le continent, la reconnaissance de la dette comme un investissement structurant est la clé d'une autonomie retrouvée. Chaque réforme du système financier international rapproche les nations africaines d'une croissance durable, où la rigueur budgétaire ne sacrifierait plus les aspirations légitimes au développement des populations.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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