Alucam : L'État convertit 92,5 milliards de FCFA de créances en capital
Dernière mise à jours il y'a 14 heuresLe Trésor public camerounais réalise un assainissement pour restructurer le bilan de la Compagnie camerounaise d'aluminium (Alucam), sans toutefois lui apporter de nouvelles liquidités. L’État a procédé à la transformation en capital social de 92,5 milliards de FCFA d'avances de trésorerie détenues sur l'entreprise pour lui donner une bouffée d'oxygène.
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L’opération comptable, révélée au Parlement en juillet 2026 par la Chambre des comptes de la Cour suprême, dépasse largement le besoin d'apport en fonds propres estimé à 43 milliards de Francs CFA dans le plan de sauvetage initial de 2019. L'arbitrage administratif éloigne temporairement le spectre d'un dépôt de bilan en restructurant le passif exigible, mais la juridiction financière prévient que le procédé s'apparente à un jeu d'écritures stérile pour la relance physique de l'usine d'Edéa.
L'asphyxie financière d'Alucam découle d'un sinistre industriel survenu le 10 janvier 2018, lorsqu'un incendie de sous-station électrique a détruit la moitié des cuves d'électrolyse. La production de métal primaire s’est effondrée de 73 759 tonnes en 2017 à 53 675 tonnes en 2025, provoquant de lourdes pertes d'exploitation. Le chiffre d'affaires global a subi une dépréciation de 23,5 % entre 2017 et 2024, retombant à 94,4 milliards de Francs CFA avant de s'affaisser de nouveau à 79,9 milliards en 2025. Malgré un bénéfice marginal de 279,3 millions de Francs CFA enregistré en 2025 (contre un déficit de 23,8 milliards en 2024), les fonds propres de la compagnie demeuraient négatifs à hauteur de 51,8 milliards de Francs CFA au bilan du 31 décembre 2025, assortis d'un besoin en fonds de roulement négatif de 48,9 milliards de Francs CFA à la fin de l'exercice précédent.
La pérennité du site industriel d'Edéa requiert désormais un apport d'argent frais estimé par les magistrats financiers entre 30 et 45 milliards de Francs CFA pour réhabiliter la fonderie et viser un rendement annuel de 110 000 à 120 000 tonnes. Une option alternative consisterait à acter l'arrêt définitif des cuves d'électrolyse pour réallouer les 130 mégawatts d'électricité consommés par l'usine (soit environ 13 % de la production électrique nationale) vers le réseau domestique et d'autres activités productives. Une telle réorientation fragiliserait cependant la branche laminage, issue de la fusion avec Socatral finalisée en 2020, qui assure désormais 64,5 % des revenus globaux de la firme.
Face aux limites des interventions étatiques, le salut de la compagnie pourrait venir du secteur privé, attiré par le potentiel d’intégration industrielle. Le groupe singapourien Eagle Eye, affilié à Arise IIP, formule une offre de prise de participation de premier plan pour coupler la fonderie aux gisements de bauxite de Minim Martap. En parallèle, le courtier suisse Bathco propose de détenir 80 % du capital contre un investissement direct de 78 milliards de Francs CFA, tandis que le consortium Naxya Holding soumet un projet d'accord adossé à un plan d'injection de 100 milliards de Francs CFA. L’entrée de capitaux privés permettrait de financer la modernisation technique qu’une simple conversion de créances publiques s'avère incapable de garantir.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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