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Activité économique : L'investissement public relève un secteur privé en régression

Dernière mise à jours il y'a 10 heures

Les dynamiques de la formation brute de capital fixe révèlent une mutation profonde des moteurs de la croissance nationale. L’Institut national de la statistique (INS) rapporte que l’investissement global au Cameroun a progressé de 5,1 % en glissement annuel au cours du troisième trimestre 2025. Cette trajectoire ascendante masque toutefois une réalité contrastée : une poussée spectaculaire des dépenses étatiques de 33,7 %, venant compenser une érosion persistante de l'initiative privée.

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La prééminence de l'État dans le soutien à l'activité économique n'a jamais été aussi marquée. Tandis que la puissance publique multiplie les engagements de capital, l’investissement privé enregistre une contraction de 1,4 % sur un an. Ce déséquilibre s'accentue en analyse trimestrielle, avec une chute brutale de 9,5 % de la composante privée entre le deuxième et le troisième trimestre. Ce recul s'explique par une baisse de la demande dans des segments clés tels que le matériel de transport, l'ameublement et les services professionnels, traduisant une certaine frilosité des opérateurs économiques face aux incertitudes du marché.

Malgré ce climat morose pour les entreprises, certains compartiments industriels font preuve de ténacité. Les chantiers des bâtiments et travaux publics (BTP) ainsi que la production d'équipements électriques agissent comme des stabilisateurs, limitant l'ampleur de la décrue globale. Sans ces poches de croissance, le repli de 2,9 % de l'investissement total observé entre les deux derniers trimestres aurait été bien plus sévère. Cette situation souligne la dépendance actuelle de l'économie camerounaise vis-à-vis des grands projets d'infrastructure et des commandes publiques.

L'impact de ce transfert de responsabilité vers le secteur public sur le progrès de l'Afrique est fondamental. Il met en lumière la nécessité pour les États de maintenir un niveau élevé de dépenses d'équipement pour pallier les défaillances temporaires du marché. Une infrastructure solide est le socle indispensable sur lequel pourra s'appuyer, à terme, la relance du secteur privé.

La consolidation de cette dynamique impose néanmoins une réflexion sur la pérennité du financement de ces investissements. Pour le continent, l'enjeu consiste à transformer cette impulsion étatique en un environnement favorable au retour de la confiance des investisseurs privés. En garantissant une exécution rigoureuse des projets de BTP et en renforçant l'offre énergétique, le pays prépare le terrain pour une croissance plus équilibrée. La mutation vers un modèle où le public et le privé coexistent de manière synergique reste le seul chemin viable pour assurer une prospérité durable et réduire l'exposition aux fluctuations cycliques de la demande mondiale. Une gestion saine des finances publiques demeure le garant de cette trajectoire.


Asaba

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bernardo carlos ndjomo
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